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Séraphine de Senlis

Bonjour !

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une artiste peu connue, voir même méconnue du public.

Connaissez-vous Séraphine de Senlis ? Le film « Séraphine », sorti en 2008, dont le rôle de Séraphine est interprété par Yolande Moreau, m’a fait découvrir la véritable histoire de cette artiste peintre. Dans le même temps qui a suivi le film, j’ai pu admirer l’exposition de ses œuvres originales dans le 7ème arrondissement de Paris, au Musée Maillol. Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis, née à Arsy (oise) le 3 Septembre 1864 et morte le 11 Décembre 1942 à Villers-sous-Erquery est une artiste peintre française dont l’œuvre est rattachée à l’art naïf.

Tout en travaillant pour ces familles, Séraphine de Senlis se met à peindre à la bougie dans un grand isolement et une certaine pauvreté et se lance, petit à petit, dans l’établissement d’un œuvre considérable.

Vie de Séraphine de Senlis

Alors qu’il rend visite à des familles bourgeoises de la région de Senlis, le collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhde, installé dans cette ville en 1912, découvre ses peintures et lui apporte son soutien. Mais il est obligé de quitter la France en août 1914, et il ne reprend contact avec Séraphine de Senlis qu’en 1927, à l’occasion d’une exposition locale à Senlis. Son aide, alors, permet à Séraphine de Senlis de peindre de grandes toiles de deux mètres de hauteur. En 1929, Uhde organise une exposition Les peintres du Cœur sacré qui permet à Séraphine d’accéder à une certaine prospérité financière qu’elle dilapide au fur et à mesure.

À partir de 1930, Wilhelm Uhde cesse d’acheter ses peintures du fait de la Grande Dépression qui éloigne les acheteurs d’œuvres d’art, ce qui la perturbe gravement. Elle sombre alors dans la folie et on l’interne pour « psychose chronique » à l’hôpital psychiatrique de Clermont. Elle refuse d’y pratiquer son art.

Ses œuvres sont pourtant exposées par le collectionneur Wilhelm Uhde : en 1932, à l’exposition Les Primitifs modernes à Paris ; en 1937-1938, à l’exposition Les Maîtres populaires de la réalité, à Paris, Zürich, New York (MoMA) ; en 1942, à l’exposition Les Primitifs du XXe siècle à Paris ; en 1945, à l’exposition personnelle de Séraphine de Senlis à Paris.

Atteinte d’un cancer du sein et dans la misère la plus totale, Séraphine de Senlis meurt de faim dans l’annexe de l’hôpital à Villers-sous-Erquery, dans les dures conditions des asiles sous l’occupation allemande et dans l’indifférence générale. Son dossier médical conservé à l’hôpital de Senlis porte la mention « cueille de l’herbe pour manger la nuit ; mange des détritus».

Séraphine de Senlis est enterrée dans le carré des indigents au cimetière de Clermont. Elle avait pourtant demandé dans ses dernières volontés à être enterrée dans une tombe individuelle avec la mention : « Ici repose Séraphine Louis, sans rivale, et attendant la résurrection bienheureuse ».

L’Art de Séraphine de Senlis

Séraphine de Senlis préparait elle-même ses couleurs de façon rudimentaire, mais soignée. Elle n’en a jamais véritablement dévoilé la composition mais, suite à une expertise des toiles, il a été établi qu’elle avait recours à de la peinture Ripolin qu’elle mélangeait à d’autres produits (thèse reprise dans le film). Plus tard, un peu plus riche, grâce à l’aide de Wilhelm Uhde, elle a utilisé du vernis. Fait remarquable, ses pigments posent assez peu de problèmes de conservation. Ses peintures ont un aspect mat, presque ciré. Parfois, la signature est gravée au couteau, révélant une sous-couche de couleur contrastée. Il semble qu’elle ait signé ses peintures avant de les peindre.

Ses tableaux comportent presque tous, dans le quart inférieur, une zone qui semble représenter un autre ordre que le reste de l’image : les fruits et les fleurs continuent à s’épanouir dans cette région mais d’autres éléments, des herbes ou des feuilles plus sombres, invitent à interpréter cet espace comme une sorte de souterrain inconscient où tout s’enracine. Ce principe de composition se retrouve dans de nombreuses œuvres.

Le besoin irrépressible de création fait de Séraphine de Senlis, pour reprendre les termes du conservateur du Musée Maillol, Bertrand Lorquin, une artiste dévorée par « cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kadinsky.

Je vous laisse maintenant découvrir quelques unes de ses magnifiques œuvres.

Bonne visite !

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